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Alors que les Français sont à ce jour très partagés sur la taxe carbone, 77 % d'entre eux se déclarent pourtant prêts à accepter des changements de leur mode de vie pour lutter contre le changement climatique. A condition qu'ils soient partagés de façon juste entre tous les membres de la société. Convaincue que la contribution Climat-Energie est un outil efficace pour la transition écologique, l’ADEME préconise une nouvelle approche fiscale répondant aux préoccupations des citoyens.
Dans un avis publié en avril 2019 (« Contribution climat solidarité : une taxe carbone pour soutenir la transition écologique et pour plus de solidarité fiscale »), l’ADEME a souhaité offrir un nouveau regard sur le débat relatif à la taxe carbone. Pour les experts de l'ADEME, celle-ci est incontournable face aux risques et coûts que les énergies fossiles font peser sur la société : changement climatique, pollutions, etc. Et des solutions existent pour qu’elle soit acceptée par les citoyens !
L’ADEME recommande ainsi de remplacer l’actuelle taxe carbone et sa logique de rendement par un dispositif visant à assurer la transition écologique en toute équité : la Contribution Climat Solidarité.
A l'instar de la Suède (cf. encadré), où ce modèle de contribution fonctionne avec succès, celle-ci s’appuierait sur une redistribution directe et indirecte intégrale aux ménages en fonction de leur situation ainsi qu’aux entreprises et aux collectivités territoriales. Un tel système présenterait deux avantages. Il ne pèserait pas à court terme sur le pouvoir d'achat des ménages modestes et des classes moyennes. Il permettrait à long terme d'augmenter les investissements liés à l'efficacité énergétique et d'avoir un impact sur l'emploi (+ 6 000 ETP en 2020, + 50 000 en 2025, + 77 000 en 2030).
Suède : la preuve par l’exemple
Introduite en 1991, la taxe carbone suédoise affiche aujourd’hui le taux le plus élevé du monde (120 €/tCO2). Entre 1991 et 2014, la Suède a pourtant enregistré une croissance du PIB de 64 %, une augmentation du revenu disponible des ménages de plus de 55 % et une réduction des émissions de CO2 de 16 %.
L’ADEME conseille par ailleurs de moduler l’augmentation de la taxe en fonction de l’atteinte des cibles de réduction de gaz à effet de serre au moyen d’un mécanisme de taxe flottante. Si les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre étaient en effet dépassés à la suite d’une hausse plus importante que prévue des cours mondiaux des combustibles fossiles, la hausse prévue de la taxe serait annulée pour une période donnée. Ce dispositif permettrait d’amortir les hausses de prix pour les consommateurs. Ces recommandations concrètes s’appuient sur des simulations et des exemples internationaux qui démontrent que cette nouvelle taxe carbone bénéficierait aussi bien au climat qu’à l’ensemble de l’économie (ménages et entreprises).